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LA GUERRE DE 1939-1945
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"Cormelles dans la tourmente" sur la page ARCHIVES
- Le 3 septembre 1939, la France déclare la
guerre à l’Allemagne. Quelques Cormellois, rappelés sous les drapeaux pendant
une période de quinze jours en mars, ont été maintenus en service jusqu’à la
déclaration de guerre. D’autres, sont partis le jour même. Les premières
conséquences de l’attaque allemande sur le territoire Français, furent
l’arrivée massive de réfugiés sur Caen.
- En juin
1940, à l’arrivée des soldats allemands, seuls quelques mitraillages furent
entendu par-ci par-là du coté de la route de Falaise ainsi que quelques bombes
incendiaires dans la plaine. Pendant les alertes, une partie de la population
allait se réfugier sur la piste de course de chevaux, chemin de bras.
- Après la défaite de juin 1940, une trentaine
de soldats de Cormelles est fait prisonniers.
- C’est
vers cinq heures trente, un jour de juin que les Allemands sont arrivés à
Cormelles en rang serrés, le long de la rue des écoles à l’époque plantée de
chaque coté de tilleuls, pour aboutir
sur la place du commerce. Ils étaient armés jusqu’aux dents
avec leur chapelets de munitions autour du cou. C’est par l’entrebâillement des
portes et des fenêtres que les villageois virent les Allemands sur la place.
Dès leur arrivée, les Allemands réquisitionnèrent plusieurs maisons, les
fusils, des locaux à la Mairie, toutes les grandes propriétés, granges,
chevaux, bétail et véhicules. Ils investirent la pyrotechnie pour y établir un
véritable Camp de prisonniers Français, le Front-Stalag 131 où 1500 soldats
français seront enfermés. Ils installèrent une cantine en face du 32 de la rue
du calvaire dans un baraquement. Les boxs à chevaux qui se trouvaient dans le
champ ( appartenant à l’écurie rue de l’église) servaient de réserve à pomme de
terre, 30 à 40 tonnes environ.
- Après
l’arrivée des allemands, la commune retrouva sa tranquillité, la vie
quotidienne s’organisant. La plupart étaient de vieux soldats de la guerre
1914. Le commandant logeait au château de la Guérinière, d’autres officiers à
la maison du parc. Tous prenaient leur repas à la pyrotechnie. Ensuite la vie
s’est organisée en fonction des restrictions et aux corvées.
- Le front stalag 131: camp de
prisonniers.
Dès juin 1940, les Allemands installèrent les
prisonniers français dans l’enceinte de l’usine pyrotechnique de Cormelles. Ce
véritable camp de prisonniers vit plus de 1500 soldats français enfermés dans
ce lieu jusque vers mars 1941. Plusieurs
prisonniers réussirent à s’échapper, certains grâce à l’action des quatre
personnes de l’entreprise Plantivaud. Les
gardes du camp étaient de vieux soldats de la Wermatch.C’est en
mars 1941, que les soldats français sont partis en train en direction de
l’Allemagne. C’est à partir de ce moment, que la pyrotechnie devient la base de
ravitaillement de l’armée de l’ouest allemande. .

Cormelles
le Royal le Camp 22.11.1940 Dessin
de Charles RABIOT prisonnier de guerre français Frontstalag 131. 20. 10.1940
- Le 23 mai 1944, suivant
les instructions du Préfet, il est procédé à l'attribution d'un numéro à chaque
maison.
Pendant ce temps, des avions anglais larguaient de
plus en plus de tracts. Les allemands utilisaient la même méthode, mais en
voiture, pour lâcher des tracts de contre information. Le débarquement
approchait. Les avions anglais fin mai, début juin bombardaient tous les jours
la côte. Dans la
nuit du 5 au 6 juin, le canon se faisait entendre au loin. Tout de suite, les
Cormellois comprirent que c’était le débarquement. Dans le ciel, les balles
traçantes des batteries antiaériennes de Colombelles illuminaient le ciel. Une
patrouille est venue voir le Maire, lui demandant d’annoncer à la population
que personne ne devait sortir dans la rue, ce que fit celui-ci accompagné
d’autres personnes. La nuit du 6 au 7 juin (et les suivantes) les Cormellois la
passèrent dans des abris précaires. Certains la passèrent dans un souterrain
qui traversait la rue des marches dont l’entrée était située dans le petit bois
de la rue du calvaire ( maison actuelle du pharmacien place du commerce). D’autres
personnes (ma famille) installèrent un abri dans le champ de la rue de l’église.
Un
service Croix-Rouge fut mis en place par plusieurs Cormellois afin d’assurer
les premiers soins et transporter les blessés sur Caen, soit au Bon-Sauveur,
soit au quartier des 100 logements à Ste-Thérése. Plusieurs
secouristes dormaient chez le Maire, dans le but d’intervenir plus vite auprès
des blessés. Le Maire avait donné l’ordre de récupérer le ravitaillement laissé
à l’abandon dans les décombres des maisons.
- Quelques
bombes tombaient par-ci par-là sur la commune. Puis ce
fut de 150 à 200 obus par jour. Tous les animaux en pâture dans la plaine
furent tués.
Pour
obtenir une ration de nourriture, il fallait travailler (enterrer les animaux,
chercher le pain, etc.). Le Maire, devant le refus de certains, instaura un
tour de travail. Pour le pain, il fallait aller à Ifs.
- Du 7 au 9
juin, tous les Allemands avaient disparu. Début
juillet, un renfort de jeunes soldats Hitlériens arrive sur Cormelles. Quelques
exactions sont effectuées sur la population, sans grande gravité.
- Le 11
juillet 1944, les Allemands ordonnent au Maire d’évacuer la population pour le
12 juillet à 13 h 00 sous peine d’être fusillés. Ce que ceux-ci firent. La
plupart des familles suivit le Maire dans l’exode, d’autres partirent seules. Seulement
où aller ?. Par où passer ?. Le Maire et les familles qui l’accompagnèrent,
après beaucoup de concertation, décidèrent de passer par Soliers, Grentheville,
route de Paris et Vimont dans l’espoir
de rejoindre Troarn, déjà libérée par les Canadiens. D’autres décidèrent
de passer par les petites routes. Toute ces familles sont parties ensemble, à
pieds, à vélos ou en charrette. La distance journalière effectuée était
d’environ 25 km d’halte en halte.Quelques familles,
décidèrent de faire demi-tour sur Cormelles. Une de ces familles se trouva
massacrée par les S/S le 20 juillet: La famille Duhoux, ayant perdu une roue du
landau qui transportait leur plus petit enfant décidèrent de rentrer. Ils se
cachèrent dans la serre d’une maison rue du calvaire (maison du pharmacien), et
c’est là que les S/S les ont fusillés. Six personnes de la même famille, âgées
de 38 ans à quatre mois.

ma
famille part de Caen pour Cormelles (rue de l'église) et ensuite en exode.
- L’exode se
termina pour certaines familles à Chateau-Maillaud (500 km de Caen), à la
Hoguette près de Falaise, où à la Ferterie.
- Pendant
que ce déroule l’exode, les combats sur Caen continuent, apportant leur lot de
destruction et de morts. La libération de Cormelles commence le 18 lors de
déclencher l’opération Goodwood (bon
bois) décidé par le général Montgomery .Le 19, le deuxième corps Canadien, commandé par le
lieutenant colonel Fn. Cabeldu fait son entrée dans Cormelles.
- 1056 lancasters et 26 marauders larguèrent 7 738
tonnes de bombes sur Caen et sa banlieue sud. Ce bombardement est suivi de la
plus spectaculaire bataille de chars de la campagne de Normandie.
- Cormelles est libéré par le 2ème corps Canadien. Le total
des pertes pour cette bataille est estimé à 2212 hommes pour ces 2 jours de
combat, 47 officiers et 2138 soldats Allemands prisonniers. 500 chars sont
mis hors de combat, soit près d’un
tiers des forces totales engagées.
- Pendant
toute cette période de combat, les soldats Canadiens, Allemands et Anglais tués
au combat étaient enterrés à l’emplacement du stade de Cormelles. Les
alliés sont bloqués à la sortie de Cormelles. En août, le Général Montgomery
décide de déclencher l’opération Totalize pour le 7 août afin de déloger les
Allemands en position de défense sur les crêtes de Bourguébus.
- La
commune de Cormelles est sinistrée à 60 %. Le retour des familles parties en exode s’effectue vers le mois de
septembre. De nombreuses maisons sont endommagées, certaines complètement
détruites.
- Il faut
reloger les Cormellois. Le presbytère sert de logement à de nombreuses
personnes. D’autres se relogeaient dans les ruines de leur maison comme il le
pouvait. Tout le
monde parlait de reconstruction, mais celle-ci s’ étala sur 10 ans. La commune
compta 25 morts tués à Cormelles ou pendant l’exode. Deux militaires furent
tués, un le 9 septembre, l’autre le 13 juillet 1940.
- A l’armistice,
le 8 mai 1945, les Cormellois comme partout en France fêtèrent l’événement. Les
plus jeunes passèrent trois nuit sans dormir dansant à l’intérieur de l’école pendant la nuit, dans les rues le jour,
au son d’un violon et d’un saxophone. D’autres sonnèrent les cloches pendant 48
heures.